mardi 23 février 2010




Je n’oublie pas Dieu
étendu sur le cadavre de l’homme
Dieu
la plénitude du tigre
égorgeant l’homme
et remportant la victoire



Jean-Paul Bourre, Café Hawelka, éditions de Magrie, 1994

1 commentaire:

  1. Le Tigre de William Blake !

    Tigre, tigre, flamme claire
    Dans les forêts de la nuit,
    Quelle main, quel oeil immortel
    Purent donc bâtir ton ordre terrible ?

    Dans quel abîme, en quels cieux
    Brûlait le feu de tes yeux ?
    D’où les ailes pour monter ?
    Quelle main osa s’emparer du feu ?

    Quelle épaule nue, quel art
    Nouèrent les fibres de ton coeur ?
    Et quand ton coeur se prit à battre,
    Quelle effrayante main, quelle marche effrayante ?

    Quel le marteau ? quelle chaîne ?
    En quelle fournaise la tête ?
    Que fut l’enclume ? Quelle effrayante prise
    Osa maîtriser ses terreurs mortelles ?

    Quand les astres lancèrent leurs épieux,
    Inondèrent de larmes les cieux,
    Sourit-il à voir son ouvrage ?
    Celui qui fit l’agneau, est-ce lui qui t’a fait ?

    Tigre, tigre, flamme claire
    Dans les forêts de la nuit,
    Quelle main, quel regard, immortels
    Osèrent bâtir ton ordre terrible ?

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