dimanche 13 juin 2010

Les mystères de l'Axe Majeur de Cergy - Jean Parvulesco (1)





Je m’étais rendu à Cergy Saint-Christophe, dans le Val d’Oise, et j’y ai eu à passer quelques années, de 1986 à 1991, forcé par l’obligation de faire que l’on perde ma trace, que je « disparaisse de la circulation » en plongeant plus ou moins dans la clandestinité le temps que s’apaisassent les remous provoqués par certaines de mes activités ayant débordé le cadre habituellement assez confidentiel de ce que j’étais en train de tenter d’organiser à ce moment-là, subversivement, contre les arrangements du pouvoir alors en place. Quand on agit périlleusement, il est nécessaire de ne pas oublier qu’il faille, parfois, s’arrêter d’agir, se résigner à avoir recours à l’endormissement dogmatique sans faille devant faire suite à la suspension préventive de l’entreprise en cours, retenir son souffle comme si l’on venait soi-même de brusquement cesser d’exister. Changer totalement d’identité, s’inventer une vie n’ayant plus rien de commun avec son existence précédente : le temps qu’il faudra pour déjouer l’attention extérieure qui se serait déclarée un peu trop proche, voire trop entreprenante à l’égard de l’action que l’on poursuit soi-même dans l’ombre. Tel était, en fait, le problème auquel je m’étais trouvé amené à faire face en allant me cacher, disparaître dans l’accueillant paysage d’ensablements et de lacs, de collines boisées, de prés mouvants et secrets, de villages abandonnés, de sombres et somptueuses ruines du Val d’Oise, que recouvrent à profusion une végétation épaisse, ensauvagée, pleine d’ombres incertaines, de rêves suspendus.
Cependant, une fois sur place, et comme soudain hors d’atteinte, j’ai dû prendre connaissance, progressivement, des influences d’ordre supérieur, cosmiques, supra-humaines – voire anti-humaines – qui s’exerçaient occultement et en toute puissance sur l’espace intérieur de la région concernée par l’aboutissement de l’Axe Majeur dans le Val d’Oise, influences auxquelles je fus moi-même immédiatement et tout à fait irrationnellement assujetti, sollicité à outrance et sans rémission.
Aussi – aujourd’hui, je n’hésiterai pas à le reconnaître, à l’avouer, les années de mon séjour à couvert dans le Val d’Oise furent marquées par le dédoublement médiumnique achevé de ma conscience de moi-même et du monde, de toute ma vie, entièrement surdéterminées par les commandements magnétiques des influences polaires secrètes se manifestant sur place, par les irradiations émanant des instances architectoniques et conceptuelles en état de suractivation permanente au terme de l’Axe Majeur, par la présence invisible des instances, des hiérarchies suprahumaines, d’origine galactique, à l’œuvre dans l’environnement local, maintenu sous le contrôle occulte de la Jonction de Vénus. Ayant conçu le dessein de m’y dissimuler, de m’y mettre à l’abri pour quelques temps, une fois que j’ai pénétré dans les fourrés magnétiques du Val d’Oise, je m’y suis fait happer, définitivement, amené à me soumettre sans la moindre retenue à la loi régnante en ces lieux de frontière, et de séparation occidentale ultime. Mais il s’agissait là d’une soumission qui, au-delà d’elle-même, portait à l’exaltation médiumnique et polaire, à l’assomption agissante d’une conscience de soi-même et de la réalité environnante vertigineusement libérée de tous les conditionnements, de tous les empêchements propres à l’actuelle sommation générale de déchéance d’un monde arrivé tout près de sa fin ? Ainsi ai-je donc été sollicité à approcher sur place le secret des voies de la libération cosmique, le mystère vivant de la Jonction de Vénus.

Jean Parvulesco. En approchant la Jonction de Vénus. Editions Arma Artis, 2004, pp.7-8

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