mardi 19 avril 2011

Corona Borealis








Corona Borealis

mais tu as déjà vécu en Grèce, et l’inconscience radieuse de
la nature d’avant l’inconscient avait déjà choisi, pour y élever son
feu original, secrètement la pierre de ton corps –

et ta démarche aussi j’ai su la reconnaître,
quand sur la plage tu évitais, comme en dansant, les blanches
racines d’olivier perdues dans la chevelure chaotique des algues –

mais la limpide, l’héroïque, la si terrible gloire de
ton passage dans une chair appellera-t-elle un jour, en toi
la belle tristesse d’une âme, et celle-ci se réveillera-t-elle au

monde, pour que tu le brûles et détruises, amoureusement, de ton
haleine mentale, si dédoublée en toi-même par l’immémoire la
plus obscure de l’être, tu en venais à t’apitoyer

ainsi qu’une jeune mère, virginalement sur le noyau
de l’ancienne prédestination galactique de notre souche, que tu
envelopperais alors, ô claire douceur du Voile d’Athéna, afin que

renaîsse en elle, à travers toi et avec toi, la conscience
non-humaine, la brise scintillante venue d’Orion, l’unique respiration
cosmogonique de notre survivance dans la saison nocturne du néant



Jean Parvulesco, Corona Borealis
In : Traité de la chasse au faucon, L'Herne, Paris, 1984, p.89

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