jeudi 14 avril 2011

La Robe orange. Jean Parvulesco

ce qui vise à l'honorer
trouve sa source là-haut
Catharina Regina von Greiffenberg




dressé contre la ruche entière, contre sa persistance au
cours de ta mémoire non délaissée, contre ce qui
exalte les occurrences de ta plus sombre lumière,
clairs sentiers de la raison longeant les précipices d’une
flamme très faible en moi, qui seule dans la honte
dans les salines profondes de notre déréliction, ô écumante
produira le cher désir, et l’être qui t’emportera
vivante, ensoleillée, mais si lointaine de moi
vers l’angle demeuré, où toutes les vagues s’apaisent

vouloir encore que cet amour nous en revienne, et que ta chair
s'embrase sous mon souffle, à la tombée du jour, dans cette
délégation sans astres en subissant une loi plus fortunée, Belle Al-
liance ontologique du Règne et de ses démonstrations immenses,
qui marquent sous l'horizon les privilèges de ta nais-
sance, à peine dévoyées : car tu seras produite par l'espérance, et
par la Foi stagnante dans les ornières d'une conscience fidèle à
l'ordre ancien, fidèle en Charité à la rumeur de l'océan qui se
lève, tumultueusement, vers les falaises rhétoriques de
ces hauteurs sans nom, à l'Est de la Grande Ourse; toi seule
dans la splendeur de tes dépouilles, et surmontée de quels lim-
pides pâturages d'air, l'éblouissante cosmogonie de tes genoux donnée
pour une visitation de l'Eveillée aux Draps, comme l'ombre
hyperboréenne lui entourant l'Epaule Droite; morsure du laurier des
âges sans ténèbres, éclat d'un sang que n'épargnèrent les Roses

avec les ronces laiteuses de ma tristesse, nouées en dragonnade
dans la toison euclidienne de son portail foudroyé en Béthanie,

qu'une plénitude plus ancienne que son retour l'escorte en débandade
dans l'éloignement des sentiers perdus, hors la forêt à peine jaunie


Jean Parvulesco, O oublieuse de tout, le voudras-tu qu'il s'en souvienne
In : Traité de la chasse au faucon, L'Herne, Paris, 1984, pp.11-13

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