dimanche 11 mars 2012

Jean Parvulesco, India

Dans le sentier de la supra-conscience

un jour vient, quand le chemin s'arrête ; l'âme doit alors comprendre que tout lui est aliénation :

avant que je ne sois parti, mes pas étaient déjà marqués dans la neige vierge de l'enceinte, et les paroles de ma bouche pétrifiée dans l'air, comme les oiseaux d'un songe interrompu ; j'ai fait ce qu'il fallait que je fasse, et à nouveau je me retrouve, à l'Est d'Amritsar, en train de pénétrer clandestinement dans l'Inde, au niveau des orages

ô, s'il y a un ciel de pitié avec, en son milieu, un clair soleil de pitié, je sais d'avance quelle main viendra me soutenir le long du précipice brumeux de la haute passe, je sais quelle somptueuse identité de toute-puissante douceur se cache derrière le voile d'or qui lui entoure par trois fois le visage, jusqu'aux yeux en flammes atténuées

Jean Parvulesco, in India, Style n°4, 1988, p.24



Benvenuta

déjà je ne sais plus où je suis, la dérogation de ma pensée rejoint clandestinement le réduit en tronc de sapin, sur un rocher d'amnésite qui mentalement surplombe les gorges de l'Indus, tout près de l'autre frontière; les jours sont aveuglants de clarté, et glaciales les nuits au-dessus d'un feu de ronces : or bientôt je ne retournerai plus dans ces draps, d'où chaque nuit je prends mon départ; pour là-bas; bientôt, j'y resterai à demeure, on m'enverra aussi l'épouse des hauteurs, la Benvenuta; toute nue sous sa tunique orange, la pourvoyeuse d'être

Jean Parvulesco, in India, Style n°4, 1988, p.29


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire